Friday, August 17, 2012

A Bhamdoun, les ouvriers syriens soumis à un véritable couvre-feu

"Les ouvriers syriens sont appelés à ne pas se déplacer à l’intérieur de la ville de Bhamdoun de 20 heures à 6 heures sous peine d’être sanctionnés", peut-on lire sur l'affichette blanche repérée près d'une fontaine dans le centre de Bhamdoun. Dans cette ville située à 20 km à l’est de Beyrouth, les travailleurs syriens sont donc soumis à un véritable couvre-feu.

L’affiche a été accrochée plusieurs jours avant les troubles qui ont secoué Beyrouth mercredi, quand le "bras armé" de la famille Mokdad, un puissant clan chiite libanais, a revendiqué l’enlèvement de plus de 30 Syriens en réaction au rapt de l’un des siens en début de semaine à Damas.

Interrogé par L’Orient-Le Jour, un employé de la municipalité de Bhamdoun affirme que l’affiche a été accrochée suite à un incident impliquant "un ouvrier syrien qui a tenté d’attaquer un jeune enfant dans la ville". "Nous voulons éviter les problèmes et c’est pour cela que nous avons placardé et distribué cette affiche, explique Sami Khairallah dans un entretien téléphonique. La nuit, nos enfants et nos filles se promènent dans la rue pour changer d’air et nous ne voulons pas qu’un malheur leur arrive. C’est uniquement par précaution que nous prenons ces mesures".

"Grâce à Dieu, tous les ouvriers syriens ont été compréhensifs et respectent pleinement la décision de la municipalité, ajoute M. Khairaillah. C’est mieux comme cela, tant pour eux que pour nous".



Sur cette affiche collée à Bhamdoun, on peut lire : "Aux ouvriers syriens,
Il est demandé à tous les ouvriers syriens de ne pas se déplacer dans la
région de Bhamdoun de 20 h à 6 h. Tout contrevenant à cette décision
de la municipalité sera sanctionné".

Quelles sanctions prévoit la municipalité en cas de non-respect du "couvre-feu" ? "Nous envisagerons de les renvoyer, indique Sami Khairallah. Nous n’avons jamais eu de problèmes avec les ouvriers syriens, mais leur nombre a considérablement augmenté ces derniers mois, depuis l’aggravation de la crise en Syrie. Plusieurs d’entre eux partagent des appartements avec leurs proches ou leurs amis, nous n’aurons qu’à demander aux propriétaires de ces appartements de leur demander de partir…".


L'Orient Le Jour

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